L’idée de Marketing 2.0 se réfère à une nouvelle génération de concepts marketing issus de l’ère Internet. L’expression a été popularisée en 2005 lorsque plusieurs experts parlaient également du Web 2.0
Toutefois, le vocable de Marketing 2.0 recouvre au moins deux acceptions plutôt différentes aujourd'hui : la première correspond à l'adaptation des outils Web 2.0 au marketing ; la seconde à l'élaboration d'un nouveau marketing qui dépasse le cadre du seul Internet.
Marketing 2.0 : Exploitation des outils Web 2.0 dans les actions marketing
L’expression fait partie du vocabulaire commun d’une nouvelle génération d’experts en marketing utilisant l’Internet comme principal outil de travail. Contrairement à leurs prédécesseurs, ces derniers considèrent les autres médias de masse (télévision, journaux, radio etc.) comme des outils de communication secondaires.
Le média Internet est vu comme un mécanisme ouvert de socialisation entre individus plutôt qu'un médium unidirectionnel de communication de masse. La communication marketing devient alors un dialogue plutôt qu'un monologue.
Le Marketing 2.0 fait typiquement usage des blogs, des flux RSS, des wikis et réseaux sociaux ou de façon plus large de ce qui constitue le web participatif ou communautaire dans la communication marketing d'une marque ou institution.
Les plus grandes sociétés au monde ont déjà commencé à créer des campagnes de marketing 2.0.
Les marques et institutions peuvent soit :
Þ exploiter les espaces de socialisation existants pour la cible marketing concernée
C'est-à-dire intervenir sous la forme d'interventions d'individus inscrits sur ces espaces: blogs, wikis et réseaux sociaux. Ou encore être présents, mais façon Web 2.0. Les marques et institutions créent entre autres leur groupe sur Facebook ou Myspace.
Þ soit créer leurs propres espaces de socialisation pour leurs publics.
Jusqu'à présent, la création d'espaces de réseautage en nom propre s'est principalement caractérisée par la mise en place ou la commandite d'un blog existant, ou par la mise sur pied de sites faisant intervenir le jeu.
Marketing 2.0 : Elaboration d'un nouveau marketing
Utilisant couramment depuis la fin des années 90 les comparateurs de prix, consultant les avis de leurs pairs sur les sites marchands et les forums, les acheteurs ont récupéré une part importante de leur pouvoir perdu vis à vis des producteurs et des distributeurs : ainsi est née la notion d'empowered consumer (ou de consom'acteur, même si ce terme fait également référence à des mouvements consuméristes plus anciens).
Dans ce contexte, le Web 2.0 a amplifié le mouvement et profondément modifié la relation des consommateurs aux marques : ceux-ci peuvent désormais s'exprimer librement sur la toile sur leurs blogs, les wikis : en ce sens, le Marketing 2.0 suit le chemin ouvert en 1999 par les auteurs du Cluetrain Manifesto2 (Le Manifeste des évidences) qui débutent la litanie de leur 95 thèses par : "Les marchés sont des conversations".
Dès lors, le Marketing 2.0 sera plus un marketing adapté à un consommateur qui a profondément changé (certains parleront même de Consommateur 2.0) que le simple marketing du Web 2.0, et ce avec deux implications essentielles :
Þ en termes d'innovation et de création de produits et services : le Marketing 2.0 se veut un marketing collaboratif associant étroitement les consommateurs à leur création. On citera l'exemple des AMAP, de Lego qui commercialise des constructions conçues par des enfants, de Current TV, la chaine de télévision créée par Al Gore et dont un tiers des contenus est créé par des téléspectateurs
Þ en termes de communication : la Communication 2.0 implique fortement les consommateurs, notamment sous forme de buzz. Elle correspond au passage d'une communication verticale (one to many) à une communication horizontale (many to many) : le marque perd son statut d'émetteur privilégié pour devenir un acteur parmi d'autres. Toyota, L'Oréal ont diffusé sur Current TV des spots réalisés par des téléspectateurs.
Évidemment, peu d'entreprises sont prêtes à de telles bouleversements même si le mouvement s'amplifie de jour en jour, entrainant des bouleversements important en leurs seins :
Þ D'une part, considérant les difficultés des grandes entreprises à innover, Procter & Gamble a lancé un important programme intitulé Connect & Develop : désormais un tiers des nouveaux produits lancés par le groupe ont été développés hors des murs de l'entreprise ; ce projet a fait l'objet d'une publication dans la Harvard Business Review 3
Þ Par ailleurs, en ce qui concerne la communication, les frontières s'estompent entre agences de publicité et agences médias : regardant comme secondaire la problématique de la création, Carat (filiale d'Aegis, l'un des premiers groupes d'agences médias en Europe) se considère comme désormais concurrent de groupes "classiques" comme Publicis ou Omnicom, selon les propos de sa présidente (Marie Laure Suaty de Chalon aux Journées Nationales du Marketing 2007).
Notes et Sources
Journées Nationales du Marketing Adetem 10/2007
Le Manifeste des évidences
Harvard Business Online
Bibliographie
François Laurent : Marketing 2.0 : l ’Intelligence Collective, M21 Editions, Paris 2008
Thierry Maillet : Generation Participation, M21 Editions, Paris 2006
dimanche 11 septembre 2011
MARKETING 1.0, 2.0, 3.0 : LES MUTATIONS DE LA COMMUNICATION
Les mutations du Marketing : du Marketing 1.0 au Marketing 3.0
Le passage du marketing traditionnel à celui dit 2.0 a signifié la fin d’une communication unidirectionnelle de l’entreprise vers ses consommateurs en faveur d’un dialogue avec le consommateur et surtout entre les consommateurs, à l’instar des évolutions réunies sous le label web 2.0.
Les media de masse ont laissé une place aux media qui autorisent une réponse du consommateur (Internet, street marketing, appareils nomades…), lui conférant sur ces nouveaux terrains une capacité d’expression équivalente aux marques.
Cependant, le web 2.0 n’a pas encore montré la totalité de ses possibilités que l’expression web 3.0 est déjà lâchée. Cette nouvelle génération rendra le réseau omniprésent (1), intelligent (2) et très bien renseigné (3).
Avec le marketing 3.0, tout objet sera directement relié à la toile en permanence (1) et y puisera les infos nécessaires à son fonctionnement.
Un exemple : le parapluie qui vous prévient s’il va pleuvoir. Le web sémantique (2) comprendra les données qui transitent sur la toile et saura donc les remixer pertinemment.
Un avant-goût : IConcertCal parcourt votre bibliothèque iTunes et vous donne les dates de passage dans votre ville de vos artistes préférés et zemanta rajoute automatiquement du contenu en rapport à n’importe quel texte.
Enfin, conséquences de (1) et de (2), les informations personnelles circulant sur le net seront pour la plupart exactes (3), soit parce qu’elles seront générées automatiquement (position géographique, ce que nous faisons sur Twitter ou Facebook…) soit issues d’organismes certifiés), soit parce que la centralisation de l’identité numérique (voir OpenID) obligera à garder la même identité certifiée pour des actions différentes (accès à ses dossiers, interactions avec le groupe d’amis, paiement électronique…).
Sur la base des changements que s’apprête à vivre le web, le marketing devra lui aussi évoluer pour s’adapter.
Analysons donc les implications de l’arrivée du web 3.0 pour ce dernier.
Premièrement, ce sera la fin de la dichotomie online vs. offline, comme nous serons connectés en permanence, sans que cela induise pour autant d’être assis devant un écran. La déclinaison d’une campagne sur Internet sera une évidence.
Le net sera alors polymorphe et les marques auront l’embarras du choix pour s’annoncer : dans les mondes virtuels (Second Life), les réseaux sociaux (Facebook), l’internet en streaming (Joost), l’internet de proximité (My Neighborhood, c’est-à-dire l’internet rattaché à un point géographique), l’internet M2M (Machine to Machine), l’e-mail ou les messageries instantanées.
Secundo, les annonceurs hyperconnaîtront les consommateurs : leur identité, leur comportement, leur goûts, leurs précédents achats, leur parcours, leurs rêves… Sur le modèle de Criteo (voir aussi Last.fm, Matchmine, rollSense, Scouta, similicio.us, ou même les méthodes de recrutement de Google) les algorithmes recouperont toute l’information disponible publiquement sur un individu pour en déduire de l’information nouvelle, et ainsi proposer des annonces pertinentes et prédictives.
C’est ce que projette de faire Facebook, mais Microsoft s’y emploie déjà en prédisant notre propension à consommer en fonction du site visité ou du mot recherché.
Tertio, les blogs experts seront assimilés aux media traditionnels. L’arrivée de la publicité sur les blogs, à la fois en achat d’espace (du type Blogbang) ou en advertorial (voir un exemple de la campagne TA+K Entrer de BNP Paribas), induira le tassement de la confiance dont ils bénéficient jusqu’à présent.
De fait, de nouveaux prescripteurs apparaîtront, machines ou humains. Machines car le consommateur délèguera une partie de son pouvoir d’achat à un système d’intelligence artificielle (il lui délègue déjà sa présence en ligne). Ce sera ainsi le GPS doté de la fonction « un lieu au hasard » ou le frigo qui fait ses courses sur Internet disposant d’un budget alloué pour surprendre son propriétaire en prenant le contrepied de ses habitudes.
Plausible d’autant qu’il existe déjà des situations où le consommateur dépense à l’aveugle. Brand You New Tube coûte 20 £ mais contient pour 80 £ de cosmétiques à tester. Les voyages surprises de Luxair vous emmènent vers une destination inconnue pour 111 € AR. Et vous ignorez quel est le goût de votre boisson Anything ou Whatever avant de l’avoir goûtée. L’enjeu sera donc d’inventer un marketing qui cible ce nouveau type d’influenceur.
Quant aux prescripteurs humains, les consommateurs feront de plus en plus confiance à ceux qu’ils connaissent personnellement. Leur influence s’étendra ainsi à un public certes restreint mais très à l’écoute. Ils diffuseront plus la tendance (trendspreader) qu’ils ne la créeront (trendsetter).
L’enjeu pour les marques sera de savoir leur parler en adoptant leurs codes, preuve de l’authenticité de la démarche. Et en ce qui concerne les véritables trendsetters, ils devront trouver un équilibre entre la tentation d’élargir leur audience pour la monétiser et le souci de conserver une certaine légitimité en restant confidentiels.
Ce sera le cas, par exemple, des PDF magazines de niche pour l’art et le graphisme, de Profiteurs2Hype pour les sorties à Paris, de Yanko pour le design (la preuve), d’iqons pour la mode ou de la MJC pour les sneakers.
Sources
http://www.culture-buzz.fr/blog/Marketing-3-Le-web-incontournable-l-hyperciblage-et-les-nouveaux-influenceurs-1-2-1459.html
Article Mobinaute, SFR tracke les voitures
Article Babel Média, De la pub « prédictive » sur FaceBook
Boissons surprises sur Springwise
Influencer marketing sur Wikipedia
Le passage du marketing traditionnel à celui dit 2.0 a signifié la fin d’une communication unidirectionnelle de l’entreprise vers ses consommateurs en faveur d’un dialogue avec le consommateur et surtout entre les consommateurs, à l’instar des évolutions réunies sous le label web 2.0.
Les media de masse ont laissé une place aux media qui autorisent une réponse du consommateur (Internet, street marketing, appareils nomades…), lui conférant sur ces nouveaux terrains une capacité d’expression équivalente aux marques.
Cependant, le web 2.0 n’a pas encore montré la totalité de ses possibilités que l’expression web 3.0 est déjà lâchée. Cette nouvelle génération rendra le réseau omniprésent (1), intelligent (2) et très bien renseigné (3).
Avec le marketing 3.0, tout objet sera directement relié à la toile en permanence (1) et y puisera les infos nécessaires à son fonctionnement.
Un exemple : le parapluie qui vous prévient s’il va pleuvoir. Le web sémantique (2) comprendra les données qui transitent sur la toile et saura donc les remixer pertinemment.
Un avant-goût : IConcertCal parcourt votre bibliothèque iTunes et vous donne les dates de passage dans votre ville de vos artistes préférés et zemanta rajoute automatiquement du contenu en rapport à n’importe quel texte.
Enfin, conséquences de (1) et de (2), les informations personnelles circulant sur le net seront pour la plupart exactes (3), soit parce qu’elles seront générées automatiquement (position géographique, ce que nous faisons sur Twitter ou Facebook…) soit issues d’organismes certifiés), soit parce que la centralisation de l’identité numérique (voir OpenID) obligera à garder la même identité certifiée pour des actions différentes (accès à ses dossiers, interactions avec le groupe d’amis, paiement électronique…).
Sur la base des changements que s’apprête à vivre le web, le marketing devra lui aussi évoluer pour s’adapter.
Analysons donc les implications de l’arrivée du web 3.0 pour ce dernier.
Premièrement, ce sera la fin de la dichotomie online vs. offline, comme nous serons connectés en permanence, sans que cela induise pour autant d’être assis devant un écran. La déclinaison d’une campagne sur Internet sera une évidence.
Le net sera alors polymorphe et les marques auront l’embarras du choix pour s’annoncer : dans les mondes virtuels (Second Life), les réseaux sociaux (Facebook), l’internet en streaming (Joost), l’internet de proximité (My Neighborhood, c’est-à-dire l’internet rattaché à un point géographique), l’internet M2M (Machine to Machine), l’e-mail ou les messageries instantanées.
Secundo, les annonceurs hyperconnaîtront les consommateurs : leur identité, leur comportement, leur goûts, leurs précédents achats, leur parcours, leurs rêves… Sur le modèle de Criteo (voir aussi Last.fm, Matchmine, rollSense, Scouta, similicio.us, ou même les méthodes de recrutement de Google) les algorithmes recouperont toute l’information disponible publiquement sur un individu pour en déduire de l’information nouvelle, et ainsi proposer des annonces pertinentes et prédictives.
C’est ce que projette de faire Facebook, mais Microsoft s’y emploie déjà en prédisant notre propension à consommer en fonction du site visité ou du mot recherché.
Tertio, les blogs experts seront assimilés aux media traditionnels. L’arrivée de la publicité sur les blogs, à la fois en achat d’espace (du type Blogbang) ou en advertorial (voir un exemple de la campagne TA+K Entrer de BNP Paribas), induira le tassement de la confiance dont ils bénéficient jusqu’à présent.
De fait, de nouveaux prescripteurs apparaîtront, machines ou humains. Machines car le consommateur délèguera une partie de son pouvoir d’achat à un système d’intelligence artificielle (il lui délègue déjà sa présence en ligne). Ce sera ainsi le GPS doté de la fonction « un lieu au hasard » ou le frigo qui fait ses courses sur Internet disposant d’un budget alloué pour surprendre son propriétaire en prenant le contrepied de ses habitudes.
Plausible d’autant qu’il existe déjà des situations où le consommateur dépense à l’aveugle. Brand You New Tube coûte 20 £ mais contient pour 80 £ de cosmétiques à tester. Les voyages surprises de Luxair vous emmènent vers une destination inconnue pour 111 € AR. Et vous ignorez quel est le goût de votre boisson Anything ou Whatever avant de l’avoir goûtée. L’enjeu sera donc d’inventer un marketing qui cible ce nouveau type d’influenceur.
Quant aux prescripteurs humains, les consommateurs feront de plus en plus confiance à ceux qu’ils connaissent personnellement. Leur influence s’étendra ainsi à un public certes restreint mais très à l’écoute. Ils diffuseront plus la tendance (trendspreader) qu’ils ne la créeront (trendsetter).
L’enjeu pour les marques sera de savoir leur parler en adoptant leurs codes, preuve de l’authenticité de la démarche. Et en ce qui concerne les véritables trendsetters, ils devront trouver un équilibre entre la tentation d’élargir leur audience pour la monétiser et le souci de conserver une certaine légitimité en restant confidentiels.
Ce sera le cas, par exemple, des PDF magazines de niche pour l’art et le graphisme, de Profiteurs2Hype pour les sorties à Paris, de Yanko pour le design (la preuve), d’iqons pour la mode ou de la MJC pour les sneakers.
Sources
http://www.culture-buzz.fr/blog/Marketing-3-Le-web-incontournable-l-hyperciblage-et-les-nouveaux-influenceurs-1-2-1459.html
Article Mobinaute, SFR tracke les voitures
Article Babel Média, De la pub « prédictive » sur FaceBook
Boissons surprises sur Springwise
Influencer marketing sur Wikipedia
vendredi 9 septembre 2011
MARKETING ASSIST : INNOVER - COMMUNIQUER - EXPORTER

Fort de plus de vingt ans d’expérience dans le Marketing industriel et des services aux entreprises, TG Développement a développé uneapproche et une méthodologie marketing unique basée sur 3 axes fondamentaux, qui globalement ou individuellement contribueront à accélérer la croissance de votre entreprise.Notre travail, ces dernières années, a consisté à développer une méthode, baptisée Méthodes des Choix Raisonnés (MCR), mélange d'outils marketing existants et de nos propres outils issus de notre expérience passée au service de plusieurs entreprises industrielles. La Méthode des Choix Raisonnés permet de minimiser au maximum la prise de risques inhérente à une stratégie de différenciation par l'innovation, en permettant d'opérer les choix les plus éclairés possibles pour chacune des 3 étapes essentielles :
Innovation : où puiser ses inspirations ? comment matérialiser et partager ses idées ? Quels clients servir ? Quels prix pour quels produits ? Quelles ressources mobiliser ? Comment vaincre les obstacles qui vont se dresser sur le chemin ?
Communication : A qui parler ? Quels outils utiliser ? Comment créer les outils de communication les plus performants ?
Commercialisation / Export : Où vendre ? Comment vendre ? Vendre, louer, troquer ? Quels partenaires ?
LE MARKETING : UNE SCIENCE OU NON ?
"Le marketing doit devenir une science exacte"
Le marketing est longtemps resté l'apanage des commerciaux, capables de cerner efficacement les enjeux et les protagonistes d'un marché. Mais l'apparition de nouvelles méthodes d'analyse des comportements et des achats pourrait donner la part belle aux scientifiques.
Interview avec Duncan Watts, chercheur pour Yahoo.fr, et auteur du livre "Everything is Obvious Once You Know the Answer", où il parle de l'avènement d'un marketing "scientifique", en rupture avec les méthodes actuelles.
L'Atelier : Dans vos écrits, vous mentionnez une nouvelle forme de marketing, qui se veut plus scientifique et rigoureuse. Parlez-nous un peu de celle-ci.
Duncan Watts : Au jour d'aujourd'hui, le travail de la plupart des marketeurs consiste à essayer d'identifier les caractéristiques du consommateur à haut potentiel, puis à établir une stratégie qui permette de le toucher efficacement, de le pousser à acheter le produit commercialisé. Or, Cette méthodologie, héritée des techniques de marketing des années 70, est à mon sens totalement obsolète. En effet, l'entreprise moderne dispose désormais d'outils d'analyse incomparablement plus précis et efficaces qu'auparavant, qui lui permettent d'établir avec certitude un schéma représentatif de l'impact que peut avoir une campagne publicitaire. Ce sont ces données qui devraient être utilisées pour élaborer les stratégies marketing modernes, plutôt que de recourir à une représentation empirique du consommateur lambda.
Est-ce à dire que l'on doit considérer le marketing, non plus comme relevant du domaine de l'humain, mais de la machine ?
Non, pas exactement. Je dirais plutôt que le rôle de l'humain doit évoluer. Tout comme la pratique de la médecine est devenue de plus en plus scientifique avec les découvertes successives des siècles précédents, le marketing doit s'adapter à son environnement, et tirer parti des opportunités qui lui sont offertes. De même, les marqueteurs eux-mêmes doivent évoluer. De créateurs, ils devront se transformer en analystes, capables de cerner avec précisions les critères de succès d'un produit en fonction des données multiples qu'ils auront à leur disposition. Selon toute vraisemblance, les futurs marqueteurs présenteront un profil bien plus scientifique que commercial.
Concrètement, qu'est-ce que cette évolution implique pour l'entreprise en elle-même ?
A mon sens, c'est tout le fonctionnement de l'entreprise qui va devoir subir un profond changement. En effet, axer sa stratégie marketing sur les données disponibles exige une flexibilité extrêmement importante de la part de l'entreprise : elle doit se tenir prête à remodeler immédiatement son plan d'action, pour peu que les données disponibles aillent en ce sens. Or, cette flexibilité ne peut être obtenue qu'en donnant à la fonction marketing une place centrale dans le schéma fonctionnel de l'entreprise. Pour mettre en œuvre cette transition, nul doute qu'il faudra à l'entreprise des gens extrêmement intelligents, capables d'intégrer le changement sans bouleverser les structures en place.
A propos de ... (sur : atelier.net) Johnatan Farouz
Le marketing est longtemps resté l'apanage des commerciaux, capables de cerner efficacement les enjeux et les protagonistes d'un marché. Mais l'apparition de nouvelles méthodes d'analyse des comportements et des achats pourrait donner la part belle aux scientifiques.
Interview avec Duncan Watts, chercheur pour Yahoo.fr, et auteur du livre "Everything is Obvious Once You Know the Answer", où il parle de l'avènement d'un marketing "scientifique", en rupture avec les méthodes actuelles.
L'Atelier : Dans vos écrits, vous mentionnez une nouvelle forme de marketing, qui se veut plus scientifique et rigoureuse. Parlez-nous un peu de celle-ci.
Duncan Watts : Au jour d'aujourd'hui, le travail de la plupart des marketeurs consiste à essayer d'identifier les caractéristiques du consommateur à haut potentiel, puis à établir une stratégie qui permette de le toucher efficacement, de le pousser à acheter le produit commercialisé. Or, Cette méthodologie, héritée des techniques de marketing des années 70, est à mon sens totalement obsolète. En effet, l'entreprise moderne dispose désormais d'outils d'analyse incomparablement plus précis et efficaces qu'auparavant, qui lui permettent d'établir avec certitude un schéma représentatif de l'impact que peut avoir une campagne publicitaire. Ce sont ces données qui devraient être utilisées pour élaborer les stratégies marketing modernes, plutôt que de recourir à une représentation empirique du consommateur lambda.
Est-ce à dire que l'on doit considérer le marketing, non plus comme relevant du domaine de l'humain, mais de la machine ?
Non, pas exactement. Je dirais plutôt que le rôle de l'humain doit évoluer. Tout comme la pratique de la médecine est devenue de plus en plus scientifique avec les découvertes successives des siècles précédents, le marketing doit s'adapter à son environnement, et tirer parti des opportunités qui lui sont offertes. De même, les marqueteurs eux-mêmes doivent évoluer. De créateurs, ils devront se transformer en analystes, capables de cerner avec précisions les critères de succès d'un produit en fonction des données multiples qu'ils auront à leur disposition. Selon toute vraisemblance, les futurs marqueteurs présenteront un profil bien plus scientifique que commercial.
Concrètement, qu'est-ce que cette évolution implique pour l'entreprise en elle-même ?
A mon sens, c'est tout le fonctionnement de l'entreprise qui va devoir subir un profond changement. En effet, axer sa stratégie marketing sur les données disponibles exige une flexibilité extrêmement importante de la part de l'entreprise : elle doit se tenir prête à remodeler immédiatement son plan d'action, pour peu que les données disponibles aillent en ce sens. Or, cette flexibilité ne peut être obtenue qu'en donnant à la fonction marketing une place centrale dans le schéma fonctionnel de l'entreprise. Pour mettre en œuvre cette transition, nul doute qu'il faudra à l'entreprise des gens extrêmement intelligents, capables d'intégrer le changement sans bouleverser les structures en place.
A propos de ... (sur : atelier.net) Johnatan Farouz
LE MARKETING MOBILE EN AFRIQUE
"En Afrique, le marketing mobile devrait croître très rapidement"
A l'image du marché global des services sur téléphones portables, en pleine expansion, le secteur de la communication et du marketing prend ses marques. Par SMS avant de se généraliser sous forme d'applications.
Entretien avec Yaron Assabi, fondateur et PDG de Digital Solutions Group (DSG). L'Atelier l'a rencontré à l'occasion du salon Afri-Tech, dédié au marketing digital, et qui se tient actuellement à Nairobi.
Y a t'il un marché déjà constitué lié au marketing mobile en Afrique ?
Il y a une demande importante de la part de grandes compagnies qui veulent utiliser des applications pour engager le consommateur, l'atteindre plus aisément. Evidemment ce sont elles qui ont eu d'abord les budget et la maturité pour y aller, mais les entreprises plus petites s'y mettent aussi. Tant mieux car le continent est constitué de PME. Il y a encore énormément de travail à faire, mais je pense que le marché va croître très rapidement. Le marché des services mobiles en général connaît lui cette poussée exponentielle. Il est normal que celui du marketing suive.
Mais on a pu voir pendant la conférence qu'un nombre important des participants ne voient pas véritablement comment se lancer dans la course.
C'est vrai, parce que cela demande d'être informé. Mais je suis convaincu que les opérateurs et les fabricants sont en train de faire le travail nécessaire pour promouvoir la création d'applications. Tout simplement parce que c'est dans leur intérêt : ils veulent entrer dans la course. Safaricom ou MTNsont ainsi en train de lancer leur magasin d'applications. Et c'est tant mieux parce que du coup ils apportent leur aide aux PMEpour mettre au point l'application adéquate. Et cela notamment dans le secteur marketing, qui est un écosystème compliqué.
On parle beaucoup d'applications, mais en Afrique, la grande majorité des individus possède plutôt un téléphone basique !
Oui, sur lequel on peut lancer des campagnes marketing en utilisant le SMS, ou via USSD. Jusqu'à ce que la migration vers les smartphones s'opère, grâce aux combinés low cost comme Ideos de Safaricom ou Vodafone Smart, nous verrons de plus en plus d'initiatives de ce type. Nous avons ainsi mené une campagne pour Coca-Cola et MacDonalds qui propose au consommateur de simplement envoyer son nom par SMS pour tenter de gagner un iPad. Voilà les principales stratégies pour le moment, mais à moyen ou long terme, l'ordiphone devrait connaître un taux de pénétration similaire à l'Europe. Tout du moins dans certains pays. Et l'on devrait voir une évolution du SMS vers le WAP.
Et quelles seront les stratégies adoptées par les marketeurs : plutôt du divertissement ou de l'information ?
Ce sera un mélange des deux, mais la place accordée aux applications liées à l'information, notamment santé, sera importante. Ainsi qu'à la formation, type M-Learning. Parce que les gens en ont besoin, tout simplement. Si de tels contenus sont proposés par des marques, ils seront accessibles gratuitement. Les services liés à la localisation devraient aussi prendre de l'ampleur. Soit à cause des distances, ou de difficultés à se déplacer, Les distances sont immenses en Afrique, les gens veulent des informations sur ce qui les entoure.
A propos de ... (sur : atelier.net), par : Mathilde Cristiani
A l'image du marché global des services sur téléphones portables, en pleine expansion, le secteur de la communication et du marketing prend ses marques. Par SMS avant de se généraliser sous forme d'applications.
Entretien avec Yaron Assabi, fondateur et PDG de Digital Solutions Group (DSG). L'Atelier l'a rencontré à l'occasion du salon Afri-Tech, dédié au marketing digital, et qui se tient actuellement à Nairobi.
Y a t'il un marché déjà constitué lié au marketing mobile en Afrique ?
Il y a une demande importante de la part de grandes compagnies qui veulent utiliser des applications pour engager le consommateur, l'atteindre plus aisément. Evidemment ce sont elles qui ont eu d'abord les budget et la maturité pour y aller, mais les entreprises plus petites s'y mettent aussi. Tant mieux car le continent est constitué de PME. Il y a encore énormément de travail à faire, mais je pense que le marché va croître très rapidement. Le marché des services mobiles en général connaît lui cette poussée exponentielle. Il est normal que celui du marketing suive.
Mais on a pu voir pendant la conférence qu'un nombre important des participants ne voient pas véritablement comment se lancer dans la course.
C'est vrai, parce que cela demande d'être informé. Mais je suis convaincu que les opérateurs et les fabricants sont en train de faire le travail nécessaire pour promouvoir la création d'applications. Tout simplement parce que c'est dans leur intérêt : ils veulent entrer dans la course. Safaricom ou MTNsont ainsi en train de lancer leur magasin d'applications. Et c'est tant mieux parce que du coup ils apportent leur aide aux PMEpour mettre au point l'application adéquate. Et cela notamment dans le secteur marketing, qui est un écosystème compliqué.
On parle beaucoup d'applications, mais en Afrique, la grande majorité des individus possède plutôt un téléphone basique !
Oui, sur lequel on peut lancer des campagnes marketing en utilisant le SMS, ou via USSD. Jusqu'à ce que la migration vers les smartphones s'opère, grâce aux combinés low cost comme Ideos de Safaricom ou Vodafone Smart, nous verrons de plus en plus d'initiatives de ce type. Nous avons ainsi mené une campagne pour Coca-Cola et MacDonalds qui propose au consommateur de simplement envoyer son nom par SMS pour tenter de gagner un iPad. Voilà les principales stratégies pour le moment, mais à moyen ou long terme, l'ordiphone devrait connaître un taux de pénétration similaire à l'Europe. Tout du moins dans certains pays. Et l'on devrait voir une évolution du SMS vers le WAP.
Et quelles seront les stratégies adoptées par les marketeurs : plutôt du divertissement ou de l'information ?
Ce sera un mélange des deux, mais la place accordée aux applications liées à l'information, notamment santé, sera importante. Ainsi qu'à la formation, type M-Learning. Parce que les gens en ont besoin, tout simplement. Si de tels contenus sont proposés par des marques, ils seront accessibles gratuitement. Les services liés à la localisation devraient aussi prendre de l'ampleur. Soit à cause des distances, ou de difficultés à se déplacer, Les distances sont immenses en Afrique, les gens veulent des informations sur ce qui les entoure.
A propos de ... (sur : atelier.net), par : Mathilde Cristiani
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